Porter l’histoire sur sa peau
Hello, je suis Solène Vasseur
Consultante en communication digitale et créatrice de bijoux artisanaux à Amiens
Depuis plus de dix ans, j’accompagne des entreprises à Amiens et partout en France à mieux communiquer sur le web : réseaux sociaux, sites web, SEO, intelligence artificielle.
Mon métier, c’est aider les entreprises à être vues, comprises et choisies.
Et créer de mes mains, c’est ancré en moi depuis l’enfance. Des années d’aquarelle, un accident, une longue rééducation. Le besoin de créer est revenu. Fort.
Ce que je crée à Amiens
Des bijoux faits main, en acier inoxydable hypoallergénique, intégrant le véritable pigment de Waide dans de l’argile polymère.
Des perles d’eau douce, des pierres naturelles selon les pièces. Des pampilles interchangeables, dont la pampille Oiseau Blanc, inspirée de Pablo, ma perruche et fidèle compagnon de création depuis 9 ans (2017).
Pas de grande série. Pas de production en volume. Chaque pièce est pensée, façonnée, vérifiée.
Porter un bijou Hello So, c’est porter un fragment d’histoire picarde. C’est choisir une matière rare, locale, chargée de siècles. C’est faire exister, sur sa peau, ce qui aurait pu rester enfoui.
La Waide méritait de revenir
Créer et faire connaître ce qui a du sens
Au départ, je créais des bijoux en blanc. Blanc pur, blanc porcelaine, cette couleur que je trouve noble, épurée, précieuse. En cherchant à m’approcher de l’esthétique de la porcelaine, je me suis naturellement intéressée à ses motifs bleus, à cette tradition japonaise et chinoise où le bleu et le blanc se répondent depuis des siècles.
Un soir, en parlant de tout ça avec mon compagnon, il a dit, presque en plaisantant : « Le graal, ce serait de faire des bijoux avec le bleu de la Waide. »
Il y a eu un silence.
Parce que oui. Ça avait exactement du sens.
La Waide, l’Isatis tinctoria, est la plante qui a fait la richesse de la Picardie au Moyen Âge.
La Waide, l’Isatis tinctoria, est la plante qui a fait la richesse de la Picardie au Moyen Âge. C’est elle, l’Or Bleu d’Amiens. Ses feuilles, transformées en boules de cocagne après un long processus de fermentation, produisaient un pigment bleu d’une rareté précieuse, à une époque où le bleu était la couleur la plus difficile à obtenir dans la nature.
Ce bleu a traversé l’Europe. Il a voyagé sur la Somme, passé par Picquigny pour acquitter la taxe, rejoint Abbeville puis Le Crotoy, avant d’être expédié en Angleterre. Il a enrichi les marchands, nourri les moulins du quartier Saint-Leu, marqué les rues d’Amiens, comme la rue Saint-Martin-aux-Waides, qui porte encore son nom. Il est même gravé dans la pierre de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens : sur tout le soubassement de la façade, des fleurs à quatre pétales, la Waide, et des waidiers portant leurs sacs de boules de cocagne.
Puis la guerre de Cent Ans a tout bousculé. L’économie a cherché d’autres voies. Et la Waide a été oubliée.
Faire renaître ce qui a été oublié
Après ce soir-là, j’ai cherché. Les archives de la bibliothèque d’Amiens, les textes historiques, les témoignages. J’ai trouvé un couple d’agriculteurs qui cultive encore la Waide en Picardie. Avec mon compagnon, on est allés les rencontrer. Visiter leur atelier, toucher la plante, comprendre le processus. Car ce pigment brut, connu pour teindre les étoffes, est rarissime en bijouterie. Et pour cause : il est d’une extrême délicatesse à travailler.
Car travailler ce pigment, ce n’est pas simple. La Waide est une matière vivante, issue du végétal, capricieuse, exigeante, qui ne se laisse pas domestiquer facilement. Il a fallu des mois de tests, d’échecs, d’ajustements.
En mars 2026, la Collection Waide est sortie, dix pièces. L’accueil a été bien au-delà de ce que j’espérais. Les commandes ont afflué. J’ai passé le premier mois à créer tard dans la nuit pour honorer chacune d’elles, sans empiéter sur mon activité de communicante. Parce que chaque bijou méritait d’être fait avec soin.